mercredi 16 septembre 2009

INTERVIEW: GIOVANNI SAMPLE

« Youtube est un peu le bac à vinyles du 21e siècle »

A l'heure où la loi Hadopi II vient d'être adoptée, certaines personnes continuent de se servir d'Internet pour créer. Giovanni Sample est de ce genre de projet. Une activité pirate qui a donné naissance à un genre peu utilisé en France: le vidéo-sampling. Après 2 oeuvres (Drum Unlimited et Mondovision) ayant fait le tour du monde (et engendré 600 000 visites sur son site), sans aucune promo, l'activité clandestine continue avec une nouvelle vidéo, The Black Track. On est allé voir qui se cachait derrière l'œillère et le crochet.


Pourrais-tu te présenter en quelques mots et nous expliqué ce qu'est Giovanni Sample?

Giovanni Sample :
Giovanni sample est un projet créé en 2004 qui regroupe plusieurs personnes. J'en suis le porte drapeau. Les personnes sur ce projet sont des musiciens, et moi je suis réalisateur. C'est une vraie production musicale et visuelle. C'est plus raconter une histoire en image. Une espèce de charnière entre l'image et le son. Ma démarche est plus de provoquer des émotions. Ça n'est pas prémédité c'est un désir. Ça correspond aussi à une époque où tout se mélange. Le son et l'image se cherche un peu une relation. Avant c'était vraiment séparé. On faisait de l'image sur de la musique ou au cinéma de la musique sur de l'image. J'ai l'impression qu'aujourd'hui tout se mélange.

Comment t'es venu cette idée de sampler des vidéos?

GS :
J'étais batteur dans ma jeunesse dans un groupe et puis on a arrêté. J'ai commencé alors une école d'art, pour aller plus vers le coté visuel. Comme j'avais envie de continuer à faire de la musique, je me suis dit que ça pourrait être marrant de sampler des vidéos comme les musiciens samplent des beats de batteries. J'ai trouvé une cassette de Master Class de Bernard "Pretty" Purdie dont j'aimais la façon de jouer. J'ai samplé et j'ai rajouté par dessus d'autres instruments.

Et tu définirais ton style musical comment?

GS :
Pour moi c'est le visuel qui compte. L'idée musicale n'est pas forcément ma première démarche. Pour le nouveau morceau Black Track (fini depuis début 2009, ndlr). C'est un morceau vraiment plus expérimental. Il y avait une volonté que ce soit visuellement et musicalement plus étrange. Il y a un sample de Kraftwerk, un sample de Max Roach de batterie, un des Jackson 5. Toutes les personnes ont été filmés sur un fond noir. C'est donc un morceau plus noir. Mondovision c'était plus c'était plus la féérie et le voyage. Pour moi je ne fais pas de la world, ma démarche est plus hiphop comme peut le faire Timbaland en reprenant un sample colombien et fait Indian Flute, morceau de hiphop hyper connu. Je sample et je confronte. C'est l'osmose entre l'image et le son. Dans le morceau Basicamente par exemple, le mec qui frappe des mains dans une rue de New York. C'est le mec de la Fania All Stars, le symbole même de la salsa à New York (là où ça a été créé). Et il t'explique le rythme de la salsa. Pour moi c'est le sample parfait. Il y a le contexte, le visuel du lieu, le personnage qui symbolise quelque chose et ce qu'il fait visuellement devant la caméra.

Ton travail est félicité. Tu es diffusé uniquement sur le web?
GS :
Oui uniquement sur le web, car c'est un projet pirate. Je sample sans demander d'autorisations. Je permet donc de le visionner gratuitement ou de le téléchargeant sur mon site. J'ai été aussi diffusé lors de festivals à Montréal, Barcelone, au Japon...ou lors d'autres évènements. J'ai fait une projection lors de la nuit blanche. C'est important aussi, car je me suis rendu compte de l'impact hypnotique que ça pouvait avoir. Les gens sont vraiment attentifs. Ils regardent, s'arrêtent, écoutent. C'est un espèce de concert-live mais sans l'être, donc ça intrigue.

Ma dernière question est la première que je me suis posée en regardant tes vidéos. Tu fais comment pour récupérer toutes ces vidéos? Ça doit être un travail de fourmis?

GS :
En fait c'est Internet. Après quand on trouve le bon truc, on essaie de l'avoir en bonne qualité sonore et visuelle, donc on cherche à trouver un DVD. C'est un peu une recherche de NERD sur les forums, etc... Je t'avoue que je déteste. J'adore l'album de DJ Shadow où la photo est un peu flou avec 2 mecs qui cherchent des vinyles dans des bacs.

Aujourd'hui sur Internet il y a des milliards de vidéos. On retrouve des choses plus facilement. Youtube est un peu le bac à vinyles du 21e siècle.

2 commentaires:

  1. j'avais râté cela. Merci pour cette interview et j'espère que la team Giovanni va nous offrir des prods plus régulièrement, on en veut toujours plus !!

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  2. splendide !
    j'en veux encore por favor ! ! !

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