mardi 24 janvier 2012

L'INTERVIEW: C2C


Une page fan Facebook ouverte il y a à peine quelques mois. Aucun son, hormis des mix passés, et déjà le crew aux 4 djs (20syl, Greem, Pfel, et Atom), C2C, a près de 50 000 fans... Rarement un groupe français n'aura suscité autant d'attente de la part de son public. La sortie du maxi Down The Road a d'ores et déjà détrôné Adele dans le classement Itunes. Un maxi dans lequel le groupe a voulu mettre en avant ses propres capacités. De vrais morceaux C2C. L'album (prévu pour fin mai) comportera lui beaucoup d'invités, instrumentistes en tout genre, et remix. Rencontre avec ce groupe sans leader, même si 20Syl se fait appeler « Captain »...








Lundi 23 janvier, 11h : Voilà plusieurs semaines que j'essaie en vain de caler une interview du groupe C2C. On nous dit qu'on nous rappelera pour la caler avant leur date à la Gaité Lyrique. Avec l'énergie du désespoir, je relance donc une dernière fois. C'est sur que le blog de La Sottise c'est pas Traxx, ni Tsugi, ni encore Snatch... Je ne me fais plus trop d'illusion, mais bon, sait-on jamais.

15h : Je reçois un coup de téléphone.
« Salut c'est X du label On&On »
Oui, bonjour.
« On a créneau qui s'est libéré à 16h30 si ça vous intéresse... »
Heu... C'est à dire qu'il est 15h là... On voulait faire l'interview filmée. Donc là c'est un peu dur de s'organiser... 
« Comme vous voulez... »
C'est où ?
« Chez le tourneur »
Ok je vais la faire par écrit. J'y serais à 16h30.

Quelle ironie ! Notre « petit » blog sera le premier média à faire l'interview de l'un des groupes français les plus attendus de la rentrée. 

16h15 : J'arrive chez le tourneur. Le groupe n'est pas encore arrivé. On me fait patienter dans les bureaux. En 15 minutes, j'ai le temps d'entendre beaucoup de choses. Entre autre, une jeune femme cale des dates pour le groupe dans de gros festivals. Une autre appelle des artistes et je comprend qu'on parle de remix avec des artistes d'horizons différents. Je n'en saurais pas plus. Le groupe arrive...

16h30 : Pendant que Greem et 20Syl prennent un café, on fume une clope avec Pfel, le temps de se rappeler au bon souvenir de la dernière Fanatik et de discuter un peu du projet. Atom n'est pas encore arrivé.

16h35 : Début de l'interview (voici ce qu'il en ressort dans les grandes lignes)

L'histoire de C2C commence quand ?

20Syl : On s'est tous rencontrés au lycée.
Pfel : Avec Atom, nos parents sont potes depuis longtemps, donc on se connait depuis qu'on a 10 ans.
Greem : En fait l'entité C2C est née au début d'Hocus Pocus. On délirait sur l'expression coup de cross quand on scratchait. En 1998, sur Seconde Formule, j'avais fait une interlude qui s'appelait "Coups 2 Cross". A l'époque, Hocus Pocus ne s'appelait pas encore comme ça d'ailleurs. On a trouvé que le nom de cette interlude était cool, et on trouvait que ça nous réunissait bien. La signification originelle c'est donc ça. Mais aujourd'hui pour être reconnu à l'internationale c'est plus facile d'utiliser juste les initiales.




Votre dernière victoire en championnat DMC remonte à 2006. C'était pas trop dure de retrouver les automatismes après cinq ans sans avoir pratiquer tous ensemble?

Greem : C'est vrai qu'il y a eu un temps d'adaptation. A un moment donné, on faisait les championnats tous les ans. Et puis en 2006, on a commencé à bosser sur un album, à faire des maquettes. Mais avec Hocus Pocus, la grosse priorité c'était de faire un album. Pfel et Atom, eux, lançaient Beat Torrent. On avait pas le temps, donc on a gardé ça dans un coin de nos têtes. Après, à la fin de nos concerts avec nos groupes respectifs, les gens nous demandaient tout le temps quand on allait faire un album avec C2C. Simplement, on voulait prendre le temps, et ça en demande beaucoup plus pour un album comme celui-ci. Finalement, en septembre 2010, on s'est tous réunis et la magie a réopéré.

20Syl : C'est vrai que j'avais oublié ça. En 2006, on avait commencé à faire des maquettes chacun de notre coté et finalement on s'est rendu compte qu'on aurait pas le temps de faire cet album. Une partie du show DMC 2006 a d'ailleurs été fait à partir de ces maquettes. Des morceaux comme "Move On" par exemple qui s'est ensuite retrouvé sur l'album d'Hocus Pocus. Je pense que c'est ce qui a joué aussi dans notre quatrième victoire.


Greem : "Someday" sur notre dernier EP, c'est une maquette de 2006, qui a beaucoup évolué certes, mais qui date de cette époque.

Comment fait-on un album à 8 platines ?

Pfel : Il y a eu une première phase où chacun a fait des maquettes de son coté, histoire de s'exprimer pleinement. On en a fait une centaine et on a choisit les meilleures. C'était très constructif comme phase. La deuxième phase, c'était de mettre tout ça à plat sur un ordinateur et voir ce qu'on pouvait en faire. Et la troisième étape, c'était de poser les scratchs qui font la touche C2C. C'est là où c'est compliqué parce qu'il faut être juste, faut pas en mettre partout, faut que ça soit musicale. Et enfin fallait tout déstructurer pour faire le live avec la vidéo. Pour nous ça été très long la création de cet album et ça n'était pas très concret au début.

20syl : Pour la phase de création on se mettait chacun un peu dans notre bulle. On était chez moi donc yen avait un qui bossait dans la chambre, un dans le salon, un dans le studio, un dans les chiottes... On a aussi fait des morceaux tous ensemble, où ça partait d'un freestyle et où chacun prenait un son. Du coup on a beaucoup de maquettes qui n'ont pas été retenu pour l'album mais qui nous serviront pour le live. Cette phase de création c'est peut être la phase qui a été la plus jubilatoire.

Greem : Faudrait qu'on s'en refasse plus souvent d'ailleurs.

Vous parliez de la déstructuration de l'album pour le live. Vous vous considérez comme un live band ?

Pfel : Depuis toujours on essaie de mettre en avant la platine comme un instrument de musique. On a essayé au maximum de pouvoir retranscrire cet album en live. Donc on peut dire qu'on est un live band. Et justement, on a étiré certains morceaux pour laisser place au freestyle. C'est un peu plus electro en live.

Greem : L'interprétation du scratch est de toute façon très freestyle. Avec une guitare t'as une partition. Là, c'est plus difficile de refaire exactement le même scratch.

20syl : Le truc c'est que tu sais que c'est un moment qui n'existera qu'une fois donc c'est d'autant plus jouissif. Après pour le live, il y a aussi la dimension vidéo qu'on a rajouté. Il y a un vrai concept. On va faire quelque chose de visuel en temps réel. On a chacun une base d'images, donc si on est pas synchro ça va se voir concrètement. On contrôle chacune des images. Le défi c'est de pouvoir retranscrire ce qui se passe derrière les platines. C'est un des défauts qu'on nous a souvent reproché. C'est qu'on voit qu'on s'agite derrière les platines mais on ne sait pas qui fait quoi. Grâce à ces images ça va être un moyen de le voir.

17h: Fin de l'interview, Atom arrive.

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