vendredi 26 avril 2013

L'INTERVIEW: SMOKEY JOE & THE KID

Voilà quelques temps déjà que nous suivons les aventures de Smokey Joe & The Kid. Aujourd'hui, le duo sort son premier album, Nasty Tricks, et compte bien se faire entendre. Le groupe est actuellement en tournée en France pour présenter ce projet débordant d'énergie, on en a profité pour leur poser quelques questions. Interview!




Racontez-nous votre rencontre.

On s'est rencontrés il y a 5 ans et des poussières. A l'époque, on avait chacun nos projets respectifs, Senbeï et United Fools, et on cherchait un label ou une maison de disque qui voudrait bien de nous. Mais on a préféré se tourner vers l'autoproduction et monter notre propre label afin de n'avoir de compte à rendre à personne. Quelques années plus tard, après avoir beaucoup joué ensemble, le projet Smokey Joe & The Kid est né.

Que faisiez-vous avant chacun de votre coté?

Chacun avait ses projets, The Kid était et est toujours Senbeï en projet solo, Smokey Joe, toujours membre leader de United fools. Après, on a connu beaucoup d'autres expériences musicales avant même de se rencontrer, chacun est passé par tous les styles.

Vous vous êtes lancés dans un style de son un peu hybride, cette idée est née comment?

On jouait déjà beaucoup ensemble avec d'autres dj du label au moment de la création du projet. Et un soir, on a joué dans une soirée dont le theme était la prohibiton, les années 30, tout le monde déguisé en Al Capone. Mais comme on faisait pas mal d'electro et de hip hop, on s'est quand même débrouillé à essayer de réunir les deux mondes, en jouant des tracks à nous, mais aussi des tracks de Wax Tailor, Chinese Man, etc... A la fin, on s'est dit qu'on avait enfin un projet vraiment intéressant, donc on a décidé de le développer. Et voilà !

Y-a-t-il des groupes qui vous ont influencé?

Disons qu'on est influencé par tout le siècle qui nous précède. Nos influences vont de Cab Calloway à Cypress Hill. Après, dans la production, on a pas vraiment d'influence. On travaille vachement au feeling. Si ça se trouve, le prochain album sera complètement différent, peut-être inspiré d'une autre époque.

Que vous ont appris vos 2 années de tournée en live avant de sortit ce premier album?

A dormir n'importe comment ... Nan, plus sérieusement, ça nous a appris énormément de choses, sur le plan artistique comme sur le plan personnel. Déjà ça nous a permis de rencontrer tous les featuring qui sont sur l'album, qui viennent des quatre coins du monde. Et aussi, ça nous connecte avec les gens, ça aide à faire évoluer le projet. C'est important d'aller voir dans les autres pays comment sont les gens là-bas.

Que pouvez-vous nous dire sur cet album?

On en est super fier. Dans "Banzai Lab", notre label c'est le projet le plus abouti depuis 5 ans. Et on a réussit à réunir dessus quelques artistes comme R-Wan de Java ou encore PuppetMastaz, des mecs qu'on écoutait quand on était tout petit, qu'on n'était encore personne dans la musique et qui aujourd'hui se sont investis dans cet album. C'est notre butin !! Mais on veut bien le partager avec vous. Un peu !



Comment se sont faites vos collaborations?

Ca dépend, ça a beaucoup commencé sur internet pour la plupart. On se présente, on envoie des sons. Ensuite on se rencontre si il y a des affinités. Pour d'autres, comme Youthstar par exemple, ancien Mc de Chinese Man, on se connait depuis bien longtemps maintenant et c'est toujours un plaisir de bosser avec lui. Et pour toutes les collaborations avec les groupes québécois, Nomadic Masive et Random Recipe, on les a rencontrés quand on était en tournée là-bas.

Et comment décririez-vous votre show?

On a un tout nouveau show justement, depuis peu. Une troisième personne a rejoint le Gang, Miss Chemar. Elle a ajouté au show toute une partie vidéo qui vient illustrer parfaitement la musique. Mais attention, faut pas croire qu'on va mater un film. Y a beaucoup d'interaction avec le public, on danse, on gueule, on tape dans les mains. C'est un show assez énergique et artistique.

Vous avez créé tout un univers années 30 autour du groupe. Qu'est-ce qui vous plait dans cette époque? Vous y voyez des correspondances avec l'époque qu'on vit?

Le monde des années 30 et celui d'aujourd'hui ne sont pas si éloignés. Seuls les décors et les costumes changent. A l'époque c'était déjà la crise, comme aujourd'hui. Et les gens se cachaient pour faire la fête, vu que l'alcool était interdit. Du coup, les gangters, la mafia, tout ça faisait partie de la vie courante des fêtards, puisque c'est eux qui géraient le trafic. Le hip hop, aujourd'hui, se veut gangster aussi, alors pourquoi pas faire un rapprochement. Mais qui sait ? Peut-être que dans le prochain album, on ira puiser nos samples dans la musique baroque du moyen-âge, et on fera du hip-hop de félons !!

Dans les années 30, un fanatik ça ressemblait à quoi?

J'suis pas sur qu'à l'époque, il y avait des fanatiques dans le monde de la musique. Dans le cinéma ou la politique, peut-être plus. La musique de l'époque rendait les gens heureux, pas fanatiques. C'est ça qu'on aime apporter à notre hip hop aussi, ce coté swing toujours gai et entrainant.

Comment se porte la scène bordelaise?

C'est pas à nous qu'il faut demander ça. C'est le berceau de notre projet, à chaque fois qu'on y joue, c'est toujours de plus en plus dingue, donc, on va pas être objectif, là... :)

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